A Riom, l’histoire d’un « Baiser » qui a séduit les habitants

France 3 Auvergne Rhône-Alpes. 10.11.2021


La ville de Riom dans le Puy-de-Dôme a commandé une peinture à un jeune artiste local. « Le Baiser » est exposé à la mairie depuis cet été. Devant le succès de la toile, l’œuvre est désormais vendue sous forme d’affiche pour répondre à la demande des habitants.

« Que vaut ce monde si, toi, tu ne m’embrasses pas ? » Une déclaration déchirante du poète romantique anglais Percy Bysshe Shelley qui a touché les habitants de Riom dans le Puy-de-Dôme. Et plus encore les visages qui s’embrassent juste au-dessus, dans une infinité de couleurs.

Face à l’engouement, la peinture « Le Baiser » commandée par la ville de Riom vient d’être éditée sous forme d’ affiche • © Ville de Riom

Le Baiser est une peinture que la ville de Riom a commandée à un jeune artiste de la commune, Hugo Maxence. Une œuvre installée depuis cet été dans la cour de l’hôtel de ville. Devant le succès, elle est devenue une affiche en vente à partir du mercredi 10 novembre 2021 à l’office de tourisme. « C’est un très beau tableau. La volonté de la mairie, c’était de rendre l’art accessible et de montrer que l’art à Riom est vivant avec des artistes jeunes qui innovent », explique Geoffrey Neyrat, directeur de cabinet de la ville de Riom. « N’importe qui peut s’arrêter, regarder le tableau sous différents angles. Et nous avons eu de nombreuses demandes de gens qui le voulaient chez eux. ».

Compte Twitter officiel de la Ville de Riom.

Le Baiser a même fait la couverture du magazine municipale de septembre. « Doit-on renoncer à l’essence de la Vie par peur de la Mort ? » C’est l’interrogation de l’artiste Hugo Maxence, 32 ans. En pleine crise du Covid-19 et des corps qui s’évitent. « Ce baiser nous questionne », philosophe-t-il dans le magazine. « Aujourd’hui, alors que nous sommes à nouveau dans un moment de grande bascule du monde, cernés par de nombreux périls, menacés par un virus en perpétuelle mutation, tiraillés entre confinements et port du masque, vaccinés et non vaccinés, le toucher devient une menace. »

Le baiser de la gloire

Un tableau comme une ode à la Vie. A l’Amour. Avant la mort. Le baiser est en fait la version picturale d’une autre oeuvre très connue des Riomois. Le baiser de la gloire. Une monumentale sculpture installée depuis 1923 dans la cour de l’hôtel de Ville. Une femme aux longues ailes d’archange embrasse un homme qui semble près de mourir. « C’est une œuvre magnifique », détaille Pascal Piera, du service animation du patrimoine du pays d’art et d’histoire de Riom-Limagne et Volcans. «  Un très beau marbre de belles dimensions mais qui a été détourné de son objectif initial. A la base, c’est un marbre funéraire pour orner une tombe. » Celle du poète Albert Samain. Mais la famille a refusé la sculpture. Aujourd’hui, elle est devenue monument aux morts. « Au départ, cela s’appelait « La suprême communion ». On avait la Renommée qui embrassait le défunt et c’est devenu « Le baiser de la gloire » où la Gloire vient embrasser le soldat », continue Pascal Piera.

Le tableau « Le baiser » est inspirée d’une sculpture bien connue du patrimoine de Riom • © Mairie De Riom

Hugo Maxence, Riomois passionné par sa ville, passionné par son patrimoine, en a fait l’inspiration de son tableau. « Aujourd’hui, avec le Covid et l’histoire que nous traversons, j’ai réinterprêté ce baiser. Il est, de toutes les œuvres du patrimoine de Riom, ce qui faisait le plus écho avec ce qu’on vit aujourd’hui. »

L’artiste voulait rapprocher les gens par ce baiser. Il est touché que sa peinture plaise tant. La voici disponible sous forme d’affiche pour cinq euros.